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CHRONIQUEURS / L'Agora
Daniel Nadeau Par Daniel Nadeau

Mercredi, 15 avril 2020

Le crétin et le politique


Assimiler la crise du coronavirus à un petit rhume, accuser les autres, partir en guerre contre l'Organisation mondiale de la santé, proposer lui-même des traitements et des médicaments contre l'avis de ses experts, tout cela fait de la gestion de cette crise par Trump. La pire catastrophe de gestion de crise présidentielle de toute l'histoire américaine.

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sources images: Youtube, Wikipédia

Max Weber me pardonnera de travestir ici son plaidoyer pour une compréhension du savant et du politique. Cette expression est née de deux de ses plus importantes conférences prononcées à l'Université de Munich en 1917 et 1919 sous les titres La vocation de savant dans lequel Weber traite de l'épistémologie de la science, du jugement et du rapport aux valeurs et la vocation du politique dans lequel Weber traite de l'action politique, de son fonctionnement, de sa légitimation, et donne sa célèbre définition de l'État.

Le crétin et la politique fait allusion à la faillite morale de la nation américaine qui n'est plus capable aujourd'hui d'être le phare du libéralisme et de l'économie de marché dans le monde.

Cela évoque aussi l'impuissance de la nation américaine de s'appuyer sur ses institutions politiques pour vaincre son impuissance à donner au monde libre, dont nous sommes parties, un leadership fort et inspirant. Cela est d'autant plus nécessaire en ce temps de pandémie. Or, voilà en lieu et place, les États-Unis nous offrent le spectacle d'un président incompétent et dépassé par les événements. Réflexions libres sur le déclin des États-Unis d'Amérique.

Que disait Weber ?

Dans ses conférences, Weber établit une distinction entre le savant et le politique sur le fait que le politique prend position tandis que le scientifique analyse les structures politiques. Pour lui, l'enseignant n'a pas à faire de politique, n'a pas à utiliser de son autorité. « Chaque fois qu'un homme de science fait intervenir son propre jugement de valeur, il n'y a plus de compréhension intégrale des faits. Le destin de notre époque, caractérisée par la rationalisation, par l'intellectualisation et surtout par le désenchantement du monde, a conduit les humains à bannir les valeurs suprêmes les plus sublimes de la vie publique. Elles ont trouvé refuge soit dans le royaume transcendant de la vie mystique soit dans la fraternité des relations directes et réciproques entre individus isolés. »

Pour Weber, « La vocation du politique repose sur l'envie de pouvoir appartenir à une caste permettant de s'élever au-dessus des autres. Il existe trois qualités qui font l'homme politique, la passion (c'est-à-dire le dévouement passionné à une cause), le sentiment de responsabilité et le coup d'œil. La passion ne suffit pas, "on fait de la politique avec la tête et non avec les autres parties du corps ou de l'âme". Il est donc nécessaire d'avoir ce sentiment de responsabilité. Weber distingue deux éthiques de l'action politique, l'éthique de conviction et l'éthique de responsabilité : ceux qui agissent selon une éthique de conviction sont certains d'eux-mêmes et agissent doctrinalement (on retrouve le mépris pour la légitimité charismatique) alors que l'éthique de responsabilité repose sur l'acceptation de répondre aux conséquences de ses actes ; si l'éthique de conviction est nécessaire, elle produit dans le parti un appauvrissement intellectuel au profit de la discipline de parti ». (loc. cit.)

Trump et sa gestion de crise

Donald Trump est une belle illustration d'un politicien qui agit seulement avec son éthique de conviction, mais dans son cas il a érigé ses lubies et ses croyances en vérités alternatives. Pour assurer sa réélection, Trump n'a pas hésité à banaliser la crise pandémique qui venait à grands pas et de façon on ne peut plus prévisible.

Le manque de préparation de l'administration Trump pour affronter la crise actuelle de la pandémie du coronavirus est sans précédent dans l'histoire américaine. Son style de leadership caractérisé par l'improvisation l'a amené à commettre de graves erreurs. Assimiler la crise du coronavirus à un petit rhume, accuser les autres, partir en guerre contre l'Organisation mondiale de la santé, proposer lui-même des traitements et des médicaments contre l'avis de ses experts, tout cela fait de la gestion de cette crise par Trump. La pire catastrophe de gestion de crise présidentielle de toute l'histoire américaine.

L'instinct de Trump, habituellement payant pour lui, l'a mené cette fois dans une impasse et il devra un jour en répondre. Les États les plus conservateurs donc les plus favorables à Trump et à ses idées n'ont pas décrété l'état d'urgence et ces populations poursuivent leurs vies dans une insouciance mortelle. Cela n'est guère étonnant des partisans du président Donald Trump qui a fait preuve d'un détachement et d'une nonchalance devant cette crise qui passera à l'histoire. Ce qui décrit le mieux la situation de la pandémie chez notre voisin du Sud c'est le titre d'un roman paru récemment de Patrick Senécal : Il y aura des morts.

Le phare du monde libre

Ce n'est pas d'hier que les États-Unis d'Amérique grugent le capital acquis à l'occasion de la libération du monde libre de la menace nazi. La politique étrangère des États-Unis et particulièrement ses interventions en Asie du Sud-Est dans sa guerre au Vietnam, ses interventions musclées en Amérique latine comme au Chili pour mettre en place Augusto Pinochet et son rôle au Moyen-Orient sont autant d'occasions où ce pays est devenu de moins en moins un phare de la liberté pour bien des pays dans le monde y compris le Canada.

Néanmoins, rien n'aura autant contribué à la déchéance du statut américain dans le monde que la présidence de Donald Trump. L'élection de Donald Trump fut d'abord le résultat de la division et du morcellement politique des États-Unis. Des fractures sociales entre blancs, noirs et hispaniques ; des fractures entre population des villes et des régions plus rurales et enfin des fractures entre immigrants et natifs. Trump n'est pas la cause, il en est plutôt le symptôme et son élection a traduit finalement l'échec politique de tout un pays, tous partis confondus. Le développement tous azimuts d'un capitalisme sauvage et débridé, l'exploitation sans limites des ressources de la planète et la déshumanisation de la société américaine ne pouvait donner autre chose que le populisme à la Trump et la situation actuelle. Les États-Unis ont failli moralement et politiquement à leur rôle de phare du monde libre.

Quel avenir ?

Nous savons que l'être humain fait toujours preuve d'une très grande résilience. Nous en sommes tous les jours étonnés ces jours-ci au Québec et au Canada concernant l'attitude de la population devant les consignes restrictives des autorités sanitaires et à nos vies qui ont été remisées au placard pour l'instant. Cette résilience est universelle à tous les humains. Les Américains qui sont une population riche, forte, intelligente et innovatrice ne font pas exception. Seront-ils capables de redonner du lustre à leur pays au lendemain de cette catastrophe que constitue la pandémie de la COVID-19 ? Pourront-ils renouer avec leurs valeurs profondes et redevenir un phare pour les démocraties libérales ? Seront-ils en mesure de se mettre vraiment au travail pour réduire les inégalités, combattre le racisme et retrouver leur humanité en abandonnant le caractère violent de leur société qui fait partie de l'ADN de la société américaine ? Seul l'avenir nous le dira. En attendant, la tâche urgente qui s'impose à eux c'est de combattre la pandémie et d'en sortir victorieux et aussi, accessoirement, de redonner du lustre à leur système politique en évacuant le crétin qui leur fait office de président. Des États-Unis revigorés doivent rompre le cercle du crétin et la politique...


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