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Avant-match électoral

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Daniel Nadeau Par Daniel Nadeau
Mercredi le 26 janvier 2022      

La publication cette semaine d'un sondage Léger sur les intentions électorales des Québécoises et des Québécois nous rappelle que des élections se tiendront au Québec en octobre 2022. Le resserrement du vote à l'égard de la Coalition avenir Québec de François Legault au profit du parti conservateur d'Éric Duhaime fait illusion. Les commentateurs politiques veulent y voir une course alors que dans les faits François Legault et son parti voguent tranquillement, toujours selon ce sondage, vers une réélection avec une plus forte majorité que celle acquise lors de l'élection de 2018. Quelques réflexions empiriques sur l'état des lieux électoral au Québec en ce temps de pandémie.

Il n'y en aura pas de facile

Depuis les années 1960 alors que le vent de la Révolution tranquille soufflait sur le Québec que la génération de baby-boomers, enhardit par l'enthousiasme des trente glorieuses, attribuait à la politique  un sens de noblesse qui s'est perdu depuis lors. Notre rapport à la politique s'est détérioré et nous ne pensons plus majoritairement que c'est l'un des meilleurs véhicules pour améliorer la société dans laquelle nous vivons. Il faut dire que cette détérioration du politique s'est lentement insinuée dans notre vie dans le sillage de la professionnalisation de la politique et de la lente émergence d'une démocratie d'opinion dominée par les sondages, les statistiques, les courbes et le traitement médiatique faisant des élections l'équivalent d'une course de chevaux avec ses favoris, ses gagnants et ses perdants. C'est cet héritage sous fond de pandémie et en présence d'un ras-le-bol généralisé qui servira de toile de fond à la prochaine élection québécoise. Les Legault, Anglade, Nadeau-Dubois, St-Pierre Plamondon et Duhaime auront fort à faire pour mobiliser le Québec et le convaincre d'aller aux urnes pour de bonnes raisons. On risque plutôt de voter contre quelque chose, contre quelqu'un ou encore pire refuser de voter. Il faut nourrir des inquiétudes par rapport à l'avenir et pas seulement à cause du virus, des mesures sanitaires et des restrictions à nos libertés. Il faut s'inquiéter de notre foi en l'avenir.

Les enjeux

Les enjeux seront nombreux. Le plus fondamental c'est de redonner confiance aux gens dans le processus démocratique. Il faut réussir dans ce moment de malheur généralisé à convaincre que l'action commune peut encore avoir une résonnance dans nos vies. Il importe que les discours politiques soient à la hauteur des défis qui se posent à nous. Il faut que nous puissions voir la politique comme le véhicule le plus efficace pour améliorer les choses ensemble, pour le mieux, malgré les difficultés. La classe politique a devant elle le plus grand défi du 21e siècle : recréer le lien social et créer de la confiance dans nos institutions communes. Plus facile à dire qu'à faire me direz-vous. Vous avez raison d'être sceptiques. Je le suis moi aussi. N'empêche que la seule façon de vaincre nos démons d'aujourd'hui et ceux de demain c'est de recréer la confiance entre nous et de se donner des objectifs communs. Le bien commun ça vous dit quelque chose ?

 

L'enjeu c'est de défendre le bien commun et de convaincre la population que toute la classe politique a pour objectif le bien commun. Pour réussir cela, il faudrait réussir à changer les narratifs de campagne. Il faudrait apprendre à débattre d'idées et de visions concurrentes du monde commun sans dénigrer, sans attaques personnelles qui cherchent à seulement décrédibiliser l'autre. Il faut réapprendre à débattre dans le dialogue et dans l'écoute. Cela ne sera pas une mince tâche, j'en conviens, mais la réalité du moment commande ce changement de paradigme du politique si l'on souhaite sincèrement faire naître une nouvelle politique.

Bien sûr, l'enjeu le plus immédiat c'est de revoir de fond en comble notre système de santé. S'il faut réunir nos énergies et nos esprits les plus brillants pour comprendre les raisons des déraillements de la première vague marqués par le décès de milliers de nos aînés, ce n'est pas en faisant une enquête-bidon pour identifier des responsables que nous y parviendrons. De toute manière, nous savons que les coupables c'est nous collectivement. Nous qui avons abandonné nos aînés dans des univers compartimentés loin de nos regards. Nous qui avons accepté que nos gouvernants coupent et recoupent dans notre système de santé et dans nos services sociaux. Nous qui avons fait le choix de la consommation plutôt que de la compassion. Nous enfin qui préférons pelleter en avant nos problèmes plutôt que de les affronter. Ce nous coupable, mérite rédemption et la façon d'y parvenir c'est de corriger nos manquements et nos errements au plus tôt. Une révision en profondeur de nos façons de faire et de dispenser nos soins de santé est nécessaire, voire essentielle. Il est temps peut-être de cesser de nous mentir à nous-mêmes et de croire que dans un contexte de vieillissement accéléré de la population, de progrès dans la science médicale et de l'explosion des coûts de santé que nous pouvons tout faire. Soigner tout le monde gratuitement en leur donnant les traitements les plus coûteux tout en aidant, à titre d'exemple, des couples infertiles à donner naissance à des poupons grâce à des cliniques de fertilité et je ne sais quel autre service utile, mais peut-être pas essentiel. En ce temps ou le système s'effrondre, il semble évident que nous n'avons pas les moyens de payer pour tout cela. Nous payons déjà 53 sous pour chaque dollar d'impôt versé pour un système de santé inefficace et qui menace de s'effondrer. Ne trouvez-vous pas que c'est assez ?

Bien sûr, mon propos pourrait ressembler à un discours qui veut restructurer le système de santé, voire le privatiser. Pourtant loin de moi cette idée, je crois qu'il est temps que nous ayons tous ensemble avec des experts patentés un grand dialogue sur l'avenir de notre système de santé, sur la façon de le financer et de dispenser des soins sans a priori, sans idées préconçues du genre universel, accessible et gratuit. Rien n'est gratuit et il faut en prendre la pleine mesure.

Voilà des enjeux clairs pour notre classe politique lors de notre prochain rendez-vous électoral prévu pour octobre prochain.

N'est pas plus sourd qui ne veut entendre

JE SAIS, JE SAIS, JE SAIS, JE SAIS, JE SAIS QU'ON NE SAIT JAMAIS à l'automne de ma vie comme le chantonnait Jean Gabin dans sa célèbre chanson, JE SAIS, JE SAIS. Je ne sais rien moi non plus sauf  que nous devons changer de paradigme politique si nous voulons assurer l'avenir. Nous devons refuser comme électeurs de nous faire servir une campagne électorale comme à l'habitude. Des campagnes électorales réduites à une confrontation de stratégies de communication, dont les effets sont mesurés par des sondages publiés dans des médias et commentés par des experts polijoueursnalistes. Des campagnes qui placent les citoyens en situation de spectateurs impuissants ou en pseudostratèges devisant avec ses semblables sur le vote stratégique afin de voter utiles plutôt que pour ses convictions. En atténuant les idéologies, le présent système électoral occulte les projets collectifs et personnalise à outrance la vie politique.

Il faut dire non à ce type de politique et faire nous-mêmes notre avant-match électoral...


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